mardi 29 avril 2014

Week end à Auckland Rando les pieds dans l'eau le 15 et île de Rangitoto le 16 février 2014

Pour le samedi 15, Barbara et Christophe nous emmène faire une randonnée qu'ils ont bien aimée. Où? Mystère, mais "prévoyez des chaussures qui ne craignent pas l'eau!" Aïe!
C'est dans le même coin que la première rando dans les Waitakere Ranges mais moins fatigante, promet Barbara... le sentier s'appelle le Mokoroa Stream track. Et c'est vrai que c'est sympa et rafraichissant!

Après des kilomètres de routes tortueuses dans notre fidèle Sunny et une marche arrière hasardeuse dans un chemin de terre, nous voici au départ de la ballade. C'est une randonnée balisée organisée par le DOC local, et donc on commence par se laver les pieds; enfin, on se brosse les chaussures et on les asperge avec un produit désinfectant. (à l'entrée ET à la sortie du bois!). Il faut protéger les espèces endémiques et en danger, flore et faune. D'ailleurs, c'est interdit aux chiens. Les néo-zélandais sont très respectueux de la nature. Dix minutes plus tard, on croise une joggeuse avec son chien.

La première partie est une ballade tranquille sur un chemin au milieu des arbres locaux et fougères géantes. Au bout du chemin, une plateforme en planche surplombe une double cascade. Le soleil filtre au travers des branchages. c'est superbe.




Aviez-vous remarqué la petite cascade au premier plan?
Après quelques minutes de descente, nous voici au pied des cascades. Des fougères, des cabbage trees, on pourrait être dans Jurassic Parc (c'est quoi ce bruit?).
Allez, il est temps de partir, suivez le guide.

Au troisième palmier, vous tournez à gauche! (C'est bien celle-là la gauche?)
Nous suivons donc le sentier. Le balisage est composé de petits triangles oranges disposés comme des chocolats de pâques pour une chasse aux œufs et que l'on aperçoit au moment où on se dit cette fois, on est vraiment perdus. Barbara et Christophe nous envoient devant, des fois qu'il y aurait du danger.

On suit la rivière; puis le sentier traverse la rivière, en sautant de pierres en pierres. Un fois de l'autre, on chemine puis, paf, on retraverse. Les premières traversées se passent sans problème.



Puis le chemin devient vraiment étroit, et quelque peu glissant.

Vas-y, ça ne craint rien!
Finalement, il faut bien s'y faire. Il n'y a qu'une méthode : plouf, plouf



Après une dizaine de traversées, il commence à faire faim. Nous choisissons des rochers au soleil et nous pique-niquons de bon appétit.


Et puis on repart, un coup à droite, un coup à gauche de la rivière. On ne cherche même plus les gués.



Et pour finir la ballade, on traverse encore une fois la rivière ... sur un pont suspendu!
 
 
Rentrés à Auckland, nous avons la flemme de faire la cuisine. Pas loin de chez Christophe et Barbara nous avions vu qu'il y avait le meilleur fish & chips de la ville mais personne d'entre nous ne l'avait essayé. C'est donc l'occasion et nous partons à pied, nous arrêtons à la boutique passer commande et poussons jusqu'au stade Eden Park pour le montrer à Alexandra. Il est un peu tard et presque tous les cars sont déjà partis. En effet, les jours de match pas question que les gens repartent ivres morts, il y a des dizaines de bus qui attendent en file indienne, et les spectateurs les prennent sagement à la sortie, certains sans doute au "radar". Nous croisons pas mal de personnes déguisées. Il y a 2 ans nous étions allés voir un match de Rugby League . Le spectable pour moi était dans les gradins. Je me trouvais à côté d'un garçon et de sa copine, le premier jetait des bordées d'injures envers les joueurs, tant néo Zélandais qu'Australiens d'ailleurs, puis se penchait de mon côté pour me dire "sorry madam, I am a little bit enthousiastic". Vraiment très enthusiastic. En fait le but du jeu est de hurler le plus fort possible contre les deux équipes qui elles s'emploient à se taper dessus sans trop se soucier de ce que fait le ballon. D'ailleurs le fait de marquer des buts ne semble pas le plus important. En général mon voisin profitait de ce moment pour aller chercher des plateaux de bières pour lui et son entourage.
 

Le parc "Paradis", du moins pour les rugbymen

Pour ceux qui habitent à côté du stade, cela demande d'être au courant des activités car les jours de match certaines rues sont interdites à la circulation pendant de longues heures. Certains voisins de Christophe et Barbara se font de l'argent de poche en louant la pelouse devant leur maison comme parking...
Nous récupérons notre commande de fish & chips. Nous avons pris le poisson préféré de Barbara, le snapper (genre de dorade), bien évidemment accompagné de frites, de sauce et arrosé de bière. De quoi caler une petite faim et une petite soif...


 

La vaisselle sera vite lavée


Le lendemain dimanche il ne faut pas croire que Barbara a l'intention de nous laisser désœuvrés. Malgré tout le petit déjeuner est assez tardif et copieux (je pense d'ailleurs qu'on a dû réveiller les occupants de la maison en entrant (la clé est cachée au même endroit depuis 2 ans, et seul le plombier a retourné tout le jardin sans la trouver...).
Pendant que les "jeunes" prennent leur douche, je prépare une lessive (il y a un petit appentis contigu à la maison qui contient deux machines à laver, très inefficaces mais bon, cela remue plus ou moins le linge...). D'ailleurs la nouvelle voisine n'a pas encore compris que "sa" machine est celle qui est le plus près de "sa" maison. Le problème est que lorsque la machine est en route, l'eau froide ne coule pratiquement plus dans la douche.
Ce petit problème réglé mais pas définitivement d'ailleurs, nous avons préparé le casse croute de midi et nous embarquons dans la voiture direction le parking du centre ville puis le port pour prendre le ferry pour Rangitoto. Cette île volcanique est apparue il y a 550 ou 600 ans, semble-il en deux étapes. Il paraît aussi que le volcan n'a aucune chance de se réveiller. Nous faisons donc confiance aux scientifiques et prenons nos billets pour la traversée. On est arrivés un peu tôt et du coup on passe un moment à se tartiner de crème anti solaire car en Nouvelle Zélande, le soleil et les sand flies sont des fléaux assez redoutables. Comme la végétation de Rangitoto est pour le moins maigrichonne, il vaut mieux prendre des précautions.
Le trajet n'est pas très long, et permet d'avoir une superbe vue sur le port d'Auckland et le CBD (Central Business District). Au loin la Sky Tower (328m)  d'où moyennant pas mal de sous, on peut sauter à l'élastique en pleine ville. Les moins courageux (!) se contenteront de marcher sur  la plateforme à 192m...
Skywalk Hanging Out
On n'a pas pris de photos de la famille
Cela ressemble bien à un volcan
La Sky Tower au fond, le CBD et un petit paquebot Australien

La montée au "sommet" de l'ïle prend pas mal de temps. Il y a beaucoup de touristes et nous croisons une multitude d'ados accompagnés d'adultes qui redescendent et semblent complètement épuisés. Ils ont visiblement bivouaqué sur place. A peu de choses près ils se fendent tous d'un rapide bonjour, ce qui est assez fastidieux à la longue. Il fait bien chaud sur ce chemin, bordé de roches volcaniques et de très peu d'arbres. Un petit détour mène à des grottes bien rafraichissantes où il n'y a pas de lumière et où je fais tomber mes lunettes de soleil. Heureusement il n'y a pas grand monde et une âme charitable les retrouve rapidement. A la sortie nous repérons une clairière tranquille où nous déjeunons à l'ombre.
Nous voici arrivés en haut avec une vue à 360°.



pas très fertile cette lave


Pour le retour, nous prenons un autre chemin, qui longe la côte et descend par des escaliers de bois. Arrivés à une bifurcation, nous hésitons entre reprendre le chemin de l'aller ou faire un quart de tour de l'île qui passe par une jolie plage. Les panneaux indicateurs annoncent un temps un peu trop long pour arriver à temps au dernier ferry, mais deux jeunes françaises nous affirment que la distance indiquée est fausse et que nous pouvons y aller sans souci...sauf que le chemin ne présente pas grand intérêt, qu'il est vraiment très long et que nous avons un avion à prendre le lendemain matin...et puis "j'en ai plein les pattes", il faut bien l'avouer. Sur ce arrive un mini train chargé de touristes qui nous prend en charge Pierre et moi pendant que Barbara, Christophe et Alexandra continuent à pied. Toute la compagnie descend un peu plus loin admirer une petite plage et finalement toute la famille repart avec le train, les plus jeunes accrochés aux montants. Du coup on a pu profiter du commentaire du chauffeur et apprendre deux trois choses en cours de route sans se fatiguer ni s'inquiéter de l'heure.

Un nouveau paquebot a pris la place du précédent
Nous reprenons la voiture et nous faisons un tour à Mission Bay que nous ne connaissons pas et en profitond pour faire une visite à la boutique Movenpick (suggestion désintéressée de Christophe). Alexandra nous offre des glaces que nous allons déguster au bord de la plage. Le temps est un peu frisquet pour se baigner (Chistophe a certainement dû faire un tour dans l'eau). Il y a beaucoup de monde en ce dimanche soir, certaines familles Maories ont installé des barbecues et se préparent à un festin au bord de la mer.


De retour à la maison, il est temps de préparer nos bagages pour notre départ dans l'île du sud où nous allons passer deux semaines. Barbara nous rejoindra à Christchurch pour passer 4 jours avec nous pendant que Christophe partira en weekend de plongée avec son club.
 
 
 



vendredi 25 avril 2014

Vendredi 14 février 2014 - de Turangi à Auckland

Après une bonne nuit dans notre gîte, sans la perspective d'être réveillés à l'aube pour une randonnée sous la pluie, nous prenons tranquillement notre petit déjeuner sur la table commune à laquelle nous pouvons accéder pour la première fois, les autres occupants étant soit partis soit pas encore levés. Il faut dire que certains préparaient avec soin leurs repas, notamment les allemands (et non ce ne sont pas les Français qui passent le plus de temps en cuisine!). A Turangi, il y avait notamment un jeune couple semble-t-il végétarien, et dont les menus très élaborés et les plats appétissants faisaient mon admiration. "Elle" aidait plus ou moins à l'épluchage des légumes pendant que "lui" vire voletait d'une cuisinière à l'autre, utilisant pratiquement tous les feux, y compris les fours... ceci provoquant quelques embouteillages aux heures de pointe.
Nous voici donc sur la route du retour, avec l'intention de visiter un site géothermique conseillé par Barbara et Christophe, Craters of the Moon. Nous avions vu un magnifique panneau publicitaire à l'aller avant Rotorua, mais ensuite plus aucune indication. Nous avons pu ainsi vérifier une information transmise par Barbara, à savoir que les panneaux sont souvent sur un seul côté de la route, ou alors pratiquement à la bifurcation...
Avant ce site, nous voulions montrer à Alexandra les Huka Falls, magnifique cascade, remarquable moins par sa hauteur de chute (11m) que par son débit (220.000 l/s) et la couleur turquoise extraordinaire de son eau. Inutile de préciser qu'aucune sortie en kayak n'est conseillée à cet endroit mais par contre on vous propose des tours en jet boat qui font demi tour au pied de la chute. Ils sont fous ces néo Zélandais, mais ça on le savait déjà!
http://www.hukafallsjet.com/page/6-trip-experience

Nous nous sommes contenté(s) de prendre quelques photos, et heureusement aucun jet boat n'est venu gâcher le spectacle.



 
 
Le site de Craters of the Moon est au nord sur la route du retour, cette fois le panneau d'indication est du bon côté.
La visite du site est assez rapide, c'est un domaine privé très bien entretenu. La saison d'été ayant été particulièrement sèche, la boue ne sort pas en faisant des bruits mais les vapeurs sont bien présentes, elles. Nous tendons l'oreille pour capter les "Hissss and roar" promis par la brochure mais le dragon est enrhumé.

 

Il pleuvouille quand nous sortons donc nous décidons de faire un peu de route avant de pique-niquer. Mais les kilomètres passent et pour une fois on ne croise pas de table; nous longeons d'interminables forêts où les pins s'alignent comme des soldats à la parade et partent parfois à l'assaut des collines pentues. Finalement nous prenons un chemin de traverse et nous nous arrêtons sur l'énorme bande d'herbe entre la route et la forêt et nous mangeons près de la voiture; c'est extrêmement  calme sauf quand passe un de ces énormes camions de billes de bois qui sillonnent les routes dans cette région.

L'autoroute n° 1 nous ramène à Auckland via des villes aux noms aussi exotiques et originaux que Cambridge, Hamilton ou Bombay... A noter un long moment d'embouteillages à Hamilton où nous avons le malheur d'arriver à l'heure de sortie du travail (vers 16h me semble-t-il !)...

En fait nous arrivons à Auckland pratiquement à l'heure du dîner et bien sûr Barbara nous a mijoté un de ses petits plats, et peut-être même un gâteau. Il nous faut reprendre des forces avant la prochaine rando...qui est programmée par plus tard que le lendemain.

La chambre chez Shane est toujours à notre disposition. Pour plus de commodité, il nous a carrément donné la clé de sa maison pour tout notre séjour. Elle est très grande et il y a pas mal de locataires, de nationalités variées, dont un qui habite à l'étage et hurle en espagnol au téléphone, porte grande ouverte, pendant à peu près 2 heures, le soir de préférence. D'ailleurs toutes les portes sont ouvertes. Quant au propriétaire, si sa porte n'est pas complètement fermée, il suffit de frapper pour aller lui parler (en général il est sur son lit en train de regarder la télé), s'il n'est pas dispo la porte est fermée, et s'il n'est pas là, elle est ouverte... Au début on était un peu perdu, ne sachant pas qui était qui. Après 3 semaines, on ne savait pas s'il avait une ou deux femmes, mais on connaissait un des fils dont on a pris la chambre le dernier week-end vu qu'un nouveau locataire a pris la nôtre, un Russe. Un peu compliqué... Par précaution, nous laissions nos bagages chez Barbara et Christophe, à 2 numéros de là dans la Parrish road. Barbara et Christophe ont un voisin bricoleur. Cela fait deux ans qu'il refait sa maison, il a notamment construit deux terrasses en bois et un muret en pierre impressionnant (la seule chose qui ne craindra pas les tremblements de terre sans doute). Vous imaginez le bruit et il est matinal. Il tond sa pelouse le dimanche matin avec un soin maniaque. Celui lui prend une heure pour disons 20m2. Il doit tourner 30 fois autour de l'arbre unique.


jeudi 17 avril 2014

Jeudi 13 février - Tongariro Alpine Crossing

Bon ça y est. Pas moyen de reculer. Il y a 2 ans j'ai été sauvée par la pluie et nous avions dû repartir après avoir âprement discuté avec le patron de l'hôtel qui ne voulait pas nous rembourser la deuxième nuit dans son motel sinistre. Cette fois, le ciel est clair, le réveil a sonné et les premiers randonneurs sont partis depuis plus d'une heure. Nous nous préparons rapidement, petit déjeunons en vitesse et sommes presque en retard dans le bus. Ouf, nous ne sommes pas les derniers, un couple monte derrière nous une minute après et Ian démarre sur les chapeaux de roues (enfin il arrive à démarrer son bus antédiluvien). S'ensuivent des zigzags dans les rues du village pour récupérer tous ceux qui vont au point de départ de notre randonnée du jour.
ci-dessous la brochure en français approximatif fournie par le DOC  (department of Conservation, qui gère tous les parcs nationaux).

(Recopier l'adresse ci dessous dans le navigateur)
http://www.doc.govt.nz/Documents/parks-and-recreation/tracks-and-walks/tongariro-taupo/french-tongariro-alpine-crossing-factsheet.pdf

Pour ceux qui n'ont pas le courage de lire la brochure, voici le plan de la rando qui prend une journée.


Après environ une heure de route dans notre bus fatigué pendant laquelle chacun finit plus ou moins sa nuit, nous arrivons à Ketetahi qui est notre point d'arrivée (déjà!) où des petits malins garent leur voiture, pour être libres de rentrer à l'heure qu'ils veulent ou simplement parce qu'ils vont y dormir dans leur camping car. C'est un assez long détour et quand nous arrivons à notre point de départ de Mangatepopo, il est déjà près de 9h00.
Après les précautions d'usage (pipi room en particulier car les prochains sont à mi-parcours), tout le monde s'emmitoufle comme il peut car le joli soleil de la veille a disparu comme par enchantement et il ne fait pas vraiment chaud. Nous avons suivi les conseils avisés de Barbara et nos sacs comprennent tout ce qu'il faut pour survivre la journée au moins, y compris de la crème solaire totale, de l'anti moustiques, de l'eau, le pique nique et les barres de céréales, abricots secs, etc. Contre toute attente puisqu'on est en plein été, Barbara nous a fait prendre des gants, bonnets et écharpe. Nous avons enfilé dans l'ordre Tshirt à manches courtes, polaire, anorak imperméable à capuche, avec la ferme intention de bientôt mettre toutes ces choses inutiles dans nos sacs à dos. En fait on ne les a pas quittés de la journée...
Tenues estivales
La file de marcheurs part selon le rythme de chacun et bientôt nous croisons 3 jeunes français qui ont passé la nuit dans un refuge et redescendent trempés. Ils sont très pessimistes sur le temps, qui pour eux a été épouvantable (ils n'ont rien vu du paysage et se sont bien gelés). Ils nous promettent un vent à 90km/h en haut. Sur ces paroles encourageantes ils se dépêchent d'atteindre le parking. Nous poursuivons donc notre route; certes le ciel est gris mais il ne pleut pas (encore). Manque de chance, plus on monte et plus le temps est moche. Nous arrivons à des escaliers devant lesquels un panneau indique que si on ne se sent pas de continuer, c'est ici qu'il faut rebrousser chemin car il reste 13km à parcourir. Rassurant...
Des escaliers, il y en a eu...je comptais les marches 1...12 on souffle un peu 1...12 etc.
Pendant ce temps le brouillard s'épaissit de plus en plus. Le chemin est très bien balisé par des poteaux de 2 m au moins, espacés d'une vingtaine de mètres; heureusement qu'ils étaient là car on distinguait le poteau suivant, pas plus.
Nous pris en photo par des randonneurs compatissants
Elle est où la mer ?
Image piquée au DOC de ce qu'on aurait pu voir, les lacs d'émeraude
Arrivés à ce qui aurait dû être un point de vue sublime sur un lac en contrebas, le vent est très fort. Je sors mon appareil  pour profiter d'une trouée dans le brouillard, et là adieu mon protège sac soufflé par un coup de vent (en fait celui de Barbara qui m'avait prêté son sac). Le bruit était tel que je me suis demandé comment un camion était arrivé là-haut. Après cette bourrasque, je me suis éloignée du bord et je me suis bien accrochée à mes bâtons.
Vue sur un lac à travers le brouillard


On aura compris que pour les photos de paysages, c'est un peu raté. Les montagnes qui nous entourent sont invisibles, les lacs d'émeraude se devinent dans le brouillard... et bien sûr pas question de faire la pause déjeuner au bord de l'eau. Il existe de très belles photos prises par beau temps et je les ai regardées avec envie, j'en ai même volé une au DOC. 

Malgré tout nous sommes arrivés au sommet du Red Crater, il faisait un vent incroyable et il fallait s'accrocher aux rochers pour ne pas se laisser entraîner. Ensuite il y a eu la descente dans la cendre et la lave (?) et là nous avons rattrapé une dame anglaise complètement tétanisée par la pente et la peur...alors que je trouvais cela plutôt rigolo, un peu comme pendant les randos en raquette où l'on descend en sautant dans la neige. Bref, je lui prête un de mes bâtons, mais cela ne suffit pas et du coup Pierre a descendu toute la pente avec elle. Cela nous a fait perdre un peu de temps mais Pierre a prouvé que la galanterie française n'était pas un vain mot...





Nous pénétrons alors dans une vallée fantomatique. Le brouillard est très épais et il faut très sombre. Le sol est une sorte de poussière humide constellée de cailloux noirs, des blocs de lave probablement  retombés lors de la dernière éruption. Le paysage est lunaire. 



Mais il faut y aller. Nous sommes en plein Mordor et malheur à qui s’égare dans le brouillard ;-); Au premier plan un poteau-balise. Trouvez le suivant et vous aurez la route à suivre



Panneau indiquant qu'une éruption a eu lieu le 06/08/2012
et que du coup il faut éviter certaines zones...

Arrivés presque au bout de la plaine, le brouillard se lève un peu et nous donne aperçu du paysage.


Encore un raidillon et nous découvrons un autre lac.




Après avoir évité tous ces dangers, nous parvenons à un refuge glacial car n'oublions pas qu'on est en été, donc le poêle au milieu de la pièce n'est pas en état de fonctionner. La pièce voisine est un dortoir fermé à clé. Au milieu un rocher qui a traversé le toit. Espérons que personne ne dormait quand il est tombé. Un panneau du Doc indique tout doit rester en l'état pour des "études ultérieures". En attendant,il n'y a plus de dortoir et il pleut dans le gîte;

Les toilettes sont dehors, des "long drop" comme dit Barbara qui en a peur (elle a 27 ans depuis hier...). Toujours propres, avec du papier (qui peut bien venir en remettre, mystère mais c'est comme ça partout en Nouvelle Zélande).

On se passera de repas chaud. Un groupe bien équipé a un réchaud avec une bouteille de gaz adéquate (voir blog de Barbara pour l'allusion). Nous repartons toujours mouillés, pas la peine de remettre  les gants trempés. La descente est longue, très longue et nous croisons ahuris des ouvriers du DOC qui travaillent sous la pluie et dans la pente à refaire le chemin. Ils ont le moral...A un moment il tombe quelque chose qui ressemble à de la grêle, mais on n'est plus à cela près. Et après une longue traversée à travers la forêt nous amène à notre point d'arrivée. Il me semble que plus on avance, moins les panneaux de distance sont juste et que les 900 derniers mètres en font le double, mais bon.
Entre temps on aura aperçu au loin un lac
On dirait qu'on est passé de l'autre côté

Le lac Rotoraira



Et voilà, nous sommes arrivés. Il ne reste plus qu'à attendre notre bus qui sera là dans 30mn. Bien sûr à l'arrivée il fait presque beau. On patiente en mangeant un petit goûter assis sous l'abri en bois.




Un mini bus arrive. Ce n'est pas celui qui nous a amené le matin, mais il a un indice imparable pour nous repérer " I come to pick up Alexandra and the parents who snore! " Bravo la réputation. Le chauffeur rigole tout seul. Malgré tout, il reste à raccompagner deux femmes qui séjournent dans leur camping car sur le parking du départ, (ce qui rajoute encore bien 40 km de détour) et après notre retour, aller au supermarché faire les courses du soir. Nous avons bien mérité un énorme steak que Pierre va nous faire griller dehors sur le barbecue et que nous dégusterons affalés sur les divans du motel, arrosés d'une bière comme il se doit. Le patron fait son apparition en robe de chambre, des clients ayant oublié leur clé à l'intérieur de leur chambre. Visiblement on l'a sorti du lit...Et comme dit sa femme qui parle un peu français "Il est toujours froid" (meaning," he's always cold". Pas mieux que Google translate)

La pièce commune

la cuisine quand elle est bien rangée


Le Mont Ruapehu sans le brouillard, c'est beau aussi...


Mercredi 12 février - De Rotorua à Turangi


Mercredi matin, nous allons profiter encore de l'environnement volcanique avant de partir vers les montagnes du Mordor. On hésite à aller voir les restes d'un village qui a été rasé par une éruption et recouvert de cendres. La jeune  française qui tient la réception du Crash Palace ce matin ne l'a pas visité mais "en a eu de bons retours". Elle nous parle de sorties organisées par le propriétaire du mo vers des piscines chaudes naturelles et des bains de boue. Peut-être une autre fois. Elle nous donne également la bonne indication pour trouver le distributeur de billets tant recherché la veille. En fait il est au bord d'une galerie commerciale et nous en profitons pour faire des achats, un short pour Alexandra et un T-Shirt anti UV pour Marie en vue de la rando en kayak.

Direction donc le "Buried Village". On rentre dans un joli musée, style old England. Le musée est très intéressant avec beaucoup de texte et de photos. Un montage animé retrace, à travers le journal d'un jeune homme qui prie dans son hôtel,  la nuit de l’éruption (cela lui a été hélas fatal, les autres personnes s'étant échappées avant de prier...).  Beaucoup d'objets ont été sortis de la boue, certain en assez bon état;



Bon, on va le voir, ce village? Ben où est-il? Ah oui, il est "buried", enterré, disparu. Il reste un terrain vague avec des arbres qui poussent au hasard. Des panneaux indiquent là, il y avait l'hôtel, la maison du chef Maori. Quelques bâtisses ont été reconstituées.
On se rend compte de l'épaisseur de boues/cendres qui recouvrait le tout

Le plus surprenant : Une palissade avait été dressée à l'époque, avec des piquets frais. Comme tout pousse ici, les piquets ont pris racine, et il y maintenant une rangée d'arbres. Bon, pas grand chose à voir, on pousse quand même jusqu'à une jolie cascade. 


Le temps de remonter, il est quasi l'heure de manger (et boire une ginger beer, ce n'est pas de la bière mais c'est bon). Il y a un vague wifi à l'intérieur, mais on capte mal et Alex se moque de nos tentatives d'avoir des nouvelles.

On repart pour le sud ouest, direction Wai-O-Tapu, un parc géothermal extraordinaire de bassins et de boues de toute sorte. Bon vu que nous sommes l'après midi, nous avons raté l'éruption du Geyser Lady Knox qui a lieu tous les matins à 10h15 pétantes (mais on a vu un geyser hier du village maori). Nous partons donc sur le sentier balisé pour une promenade de 2 heures environ cheminant entre les phénomènes géothermiques et volcaniques les plus étonnants. Il y a une vingtaine "d'escales" dont les plus spectaculaires sont la Champagne Pool et la piscine d'arsenic. La plupart du temps seuls de petits panneaux invitent les visiteurs à ne pas trop s'approcher des bassins où l'eau atteint les 100°, mais cela n'empêche pas les irréductibles de se faire photographier après avoir passé les micros barrières, en équilibre sur un caillou. Le temps n'est pas extraordinaire et la brume se mêle aux phénomènes locaux. Toutes ces fumées dégagent de fortes odeurs de souffre.
piscine d'arsenic

Champagne Pool

En repartant nous partons jeter un oeil un peu plus loin au mud pools qui sont toujours aussi impressionnantes avec leurs jets de boue à différentes hauteurs. Cela ne donne pas envie d'y tremper les doigts de pied...


Nous avons encore pas mal de route avant d'arriver à Turangi, ville étape avant la rando du Tongariro Alpine Crossing. En 2012, nous étions arrivés sous une pluie fine qui s'est vite transformée en pluie persistante et notre hôte avait refusé de nous emmener le lendemain au départ de la rando à cause du mauvais temps. Cette année nous comptons bien profiter du beau temps pour profiter des magnificences de la montagne...

Taupo, que nous traversons ne présente d'autre intérêt que d'être une ville de villégiature, à cause de son lac immense. Il y a d'innombrables petits immeubles de logements de vacances. Nous ne nous y attardons pas, sauf pour une brève photo du lac. D'ailleurs le temps est maussade et cela ne donne pas envie de s'éterniser.

Lac Taupo
En fin d'après midi nous arrivons à notre motel réservé par Alexandra. Il s'agit d'un backpacker mais son originalité tient à son patron. L'hôtel à un style tout à fait "soixante huitard", chacun s'installe un peu comme il peut, en général en dortoir. Alexandra a demandé une chambre seule; le propriétaire Ian propose gentiment de nous mettre dans une chambre à 3, mais Alexandra refuse. Pourquoi ça? "Parce qu'ils ronflent!"  prétend-elle (faussement);  Elle aura donc une chambre seule,  avec une peluche de gorille  en gants de boxe,

Alexandra bien fatiguée...

 et nous la chambre des "Français", décorée par deux de nos compatriotes.
L'autre mur était plus beau, mais la photo a été effacée par erreur

Pierre et moi sommes immédiatement baptisés Papa and Mamma, en raison de notre grand âge par rapport aux autres pensionnaires. Pour la voiture, il dit à Pierre de la garer devant notre chambre, en prenant l'allée qui y mène. C'est sans compter sur l'énorme chien qui barre la route, allongé sur le sol. Finalement il est tout à fait inoffensif et se laisse traîner sur le côté. Dix mètres plus loin, c'est une autre histoire. Il y a une vache attachée à un poteau; elle est en train de machouiller quelque chose et s'apprête à abandonner ladite chose pour une paire de baskets qui lui paraît plus comestible encore. Le truc qu'elle machouillait s'avère être un chemisier qui séchait sur un fil, et les baskets appartiennent à un locataire. Marie finit par la priver de l'un et des autres et à la tirer plus loin par sa corde. S'ensuit un concert de protestations de la part de la vache, outrée d'être dérangée pendant son repas. La propriétaire du chemisier a beau  le laver de la bave verte, il est plein de trous... Les baskets n'ont rien...
La vache (sans doute quelques années auparavant car "la nôtre" était 2 fois plus grosse)

Il est tard, nous nous installons rapidement et allons faire quelques courses au village voisin. Le départ est annoncé à 7h30 pour nous (il y a un départ à 6h00 mais le proprio a pitié des vieillards sans doute) car notre hôte est aussi le conducteur du bus qui nous emmène au départ de la rando, à une heure de route en comptant les arrêts dans tous les hôtels alentour pour récupérer les randonneurs.  Le temps est au beau et nous sommes plein d'espoir pour la journée du lendemain. Nous préparons sur un coin de la grande table de la cuisine notre pique nique et notre repas du soir. Nous y dinons d'ailleurs car la salle à manger est bondée. Le propriétaire fait une brève apparition en robe de chambre (sa femme qui bouquine dans un coin du salon nous dit qu'il a toujours froid) pour donner quelques conseils pour le lendemain et prévenir qu'il n'attendra pas les retardataires. ...Il est temps d'aller préparer nos sacs, prendre une douche et dormir.