jeudi 17 avril 2014

Jeudi 13 février - Tongariro Alpine Crossing

Bon ça y est. Pas moyen de reculer. Il y a 2 ans j'ai été sauvée par la pluie et nous avions dû repartir après avoir âprement discuté avec le patron de l'hôtel qui ne voulait pas nous rembourser la deuxième nuit dans son motel sinistre. Cette fois, le ciel est clair, le réveil a sonné et les premiers randonneurs sont partis depuis plus d'une heure. Nous nous préparons rapidement, petit déjeunons en vitesse et sommes presque en retard dans le bus. Ouf, nous ne sommes pas les derniers, un couple monte derrière nous une minute après et Ian démarre sur les chapeaux de roues (enfin il arrive à démarrer son bus antédiluvien). S'ensuivent des zigzags dans les rues du village pour récupérer tous ceux qui vont au point de départ de notre randonnée du jour.
ci-dessous la brochure en français approximatif fournie par le DOC  (department of Conservation, qui gère tous les parcs nationaux).

(Recopier l'adresse ci dessous dans le navigateur)
http://www.doc.govt.nz/Documents/parks-and-recreation/tracks-and-walks/tongariro-taupo/french-tongariro-alpine-crossing-factsheet.pdf

Pour ceux qui n'ont pas le courage de lire la brochure, voici le plan de la rando qui prend une journée.


Après environ une heure de route dans notre bus fatigué pendant laquelle chacun finit plus ou moins sa nuit, nous arrivons à Ketetahi qui est notre point d'arrivée (déjà!) où des petits malins garent leur voiture, pour être libres de rentrer à l'heure qu'ils veulent ou simplement parce qu'ils vont y dormir dans leur camping car. C'est un assez long détour et quand nous arrivons à notre point de départ de Mangatepopo, il est déjà près de 9h00.
Après les précautions d'usage (pipi room en particulier car les prochains sont à mi-parcours), tout le monde s'emmitoufle comme il peut car le joli soleil de la veille a disparu comme par enchantement et il ne fait pas vraiment chaud. Nous avons suivi les conseils avisés de Barbara et nos sacs comprennent tout ce qu'il faut pour survivre la journée au moins, y compris de la crème solaire totale, de l'anti moustiques, de l'eau, le pique nique et les barres de céréales, abricots secs, etc. Contre toute attente puisqu'on est en plein été, Barbara nous a fait prendre des gants, bonnets et écharpe. Nous avons enfilé dans l'ordre Tshirt à manches courtes, polaire, anorak imperméable à capuche, avec la ferme intention de bientôt mettre toutes ces choses inutiles dans nos sacs à dos. En fait on ne les a pas quittés de la journée...
Tenues estivales
La file de marcheurs part selon le rythme de chacun et bientôt nous croisons 3 jeunes français qui ont passé la nuit dans un refuge et redescendent trempés. Ils sont très pessimistes sur le temps, qui pour eux a été épouvantable (ils n'ont rien vu du paysage et se sont bien gelés). Ils nous promettent un vent à 90km/h en haut. Sur ces paroles encourageantes ils se dépêchent d'atteindre le parking. Nous poursuivons donc notre route; certes le ciel est gris mais il ne pleut pas (encore). Manque de chance, plus on monte et plus le temps est moche. Nous arrivons à des escaliers devant lesquels un panneau indique que si on ne se sent pas de continuer, c'est ici qu'il faut rebrousser chemin car il reste 13km à parcourir. Rassurant...
Des escaliers, il y en a eu...je comptais les marches 1...12 on souffle un peu 1...12 etc.
Pendant ce temps le brouillard s'épaissit de plus en plus. Le chemin est très bien balisé par des poteaux de 2 m au moins, espacés d'une vingtaine de mètres; heureusement qu'ils étaient là car on distinguait le poteau suivant, pas plus.
Nous pris en photo par des randonneurs compatissants
Elle est où la mer ?
Image piquée au DOC de ce qu'on aurait pu voir, les lacs d'émeraude
Arrivés à ce qui aurait dû être un point de vue sublime sur un lac en contrebas, le vent est très fort. Je sors mon appareil  pour profiter d'une trouée dans le brouillard, et là adieu mon protège sac soufflé par un coup de vent (en fait celui de Barbara qui m'avait prêté son sac). Le bruit était tel que je me suis demandé comment un camion était arrivé là-haut. Après cette bourrasque, je me suis éloignée du bord et je me suis bien accrochée à mes bâtons.
Vue sur un lac à travers le brouillard


On aura compris que pour les photos de paysages, c'est un peu raté. Les montagnes qui nous entourent sont invisibles, les lacs d'émeraude se devinent dans le brouillard... et bien sûr pas question de faire la pause déjeuner au bord de l'eau. Il existe de très belles photos prises par beau temps et je les ai regardées avec envie, j'en ai même volé une au DOC. 

Malgré tout nous sommes arrivés au sommet du Red Crater, il faisait un vent incroyable et il fallait s'accrocher aux rochers pour ne pas se laisser entraîner. Ensuite il y a eu la descente dans la cendre et la lave (?) et là nous avons rattrapé une dame anglaise complètement tétanisée par la pente et la peur...alors que je trouvais cela plutôt rigolo, un peu comme pendant les randos en raquette où l'on descend en sautant dans la neige. Bref, je lui prête un de mes bâtons, mais cela ne suffit pas et du coup Pierre a descendu toute la pente avec elle. Cela nous a fait perdre un peu de temps mais Pierre a prouvé que la galanterie française n'était pas un vain mot...





Nous pénétrons alors dans une vallée fantomatique. Le brouillard est très épais et il faut très sombre. Le sol est une sorte de poussière humide constellée de cailloux noirs, des blocs de lave probablement  retombés lors de la dernière éruption. Le paysage est lunaire. 



Mais il faut y aller. Nous sommes en plein Mordor et malheur à qui s’égare dans le brouillard ;-); Au premier plan un poteau-balise. Trouvez le suivant et vous aurez la route à suivre



Panneau indiquant qu'une éruption a eu lieu le 06/08/2012
et que du coup il faut éviter certaines zones...

Arrivés presque au bout de la plaine, le brouillard se lève un peu et nous donne aperçu du paysage.


Encore un raidillon et nous découvrons un autre lac.




Après avoir évité tous ces dangers, nous parvenons à un refuge glacial car n'oublions pas qu'on est en été, donc le poêle au milieu de la pièce n'est pas en état de fonctionner. La pièce voisine est un dortoir fermé à clé. Au milieu un rocher qui a traversé le toit. Espérons que personne ne dormait quand il est tombé. Un panneau du Doc indique tout doit rester en l'état pour des "études ultérieures". En attendant,il n'y a plus de dortoir et il pleut dans le gîte;

Les toilettes sont dehors, des "long drop" comme dit Barbara qui en a peur (elle a 27 ans depuis hier...). Toujours propres, avec du papier (qui peut bien venir en remettre, mystère mais c'est comme ça partout en Nouvelle Zélande).

On se passera de repas chaud. Un groupe bien équipé a un réchaud avec une bouteille de gaz adéquate (voir blog de Barbara pour l'allusion). Nous repartons toujours mouillés, pas la peine de remettre  les gants trempés. La descente est longue, très longue et nous croisons ahuris des ouvriers du DOC qui travaillent sous la pluie et dans la pente à refaire le chemin. Ils ont le moral...A un moment il tombe quelque chose qui ressemble à de la grêle, mais on n'est plus à cela près. Et après une longue traversée à travers la forêt nous amène à notre point d'arrivée. Il me semble que plus on avance, moins les panneaux de distance sont juste et que les 900 derniers mètres en font le double, mais bon.
Entre temps on aura aperçu au loin un lac
On dirait qu'on est passé de l'autre côté

Le lac Rotoraira



Et voilà, nous sommes arrivés. Il ne reste plus qu'à attendre notre bus qui sera là dans 30mn. Bien sûr à l'arrivée il fait presque beau. On patiente en mangeant un petit goûter assis sous l'abri en bois.




Un mini bus arrive. Ce n'est pas celui qui nous a amené le matin, mais il a un indice imparable pour nous repérer " I come to pick up Alexandra and the parents who snore! " Bravo la réputation. Le chauffeur rigole tout seul. Malgré tout, il reste à raccompagner deux femmes qui séjournent dans leur camping car sur le parking du départ, (ce qui rajoute encore bien 40 km de détour) et après notre retour, aller au supermarché faire les courses du soir. Nous avons bien mérité un énorme steak que Pierre va nous faire griller dehors sur le barbecue et que nous dégusterons affalés sur les divans du motel, arrosés d'une bière comme il se doit. Le patron fait son apparition en robe de chambre, des clients ayant oublié leur clé à l'intérieur de leur chambre. Visiblement on l'a sorti du lit...Et comme dit sa femme qui parle un peu français "Il est toujours froid" (meaning," he's always cold". Pas mieux que Google translate)

La pièce commune

la cuisine quand elle est bien rangée


Le Mont Ruapehu sans le brouillard, c'est beau aussi...


6 commentaires:

  1. Wouah les courageux!! Remarque, ça rappelle certaines balades dans les Alpes, justement, mais c'était moins long (ou on allait plus vite ;)

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  2. Mon Dieu! Mais la torture est pas interdite en NZ !?

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  3. Voilà, c'est malin! Maintenant Yves a envie d'aller faire de la randonnée en NZ! Je suis le seul à avoir les idées claires ou quoi?!

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  4. Yahoo, c'est gagné! Barbara, prepare la chambre d'amis!

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  5. Hello, the link to the tongariro pdf no longer works. You can update it with our new version: https://issuu.com/nzmountainsafetycouncil/docs/msc.orag.dw.french.2016?e=2922887/37940521

    Montana (DOC)

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